Cette note d’orientation examine une lacune majeure du système communautaire d’échange de quotas d’émission : alors que les compagnies maritimes paient désormais pour leurs émissions de CO₂, rien ne les oblige à réinvestir les recettes ainsi générées dans la décarbonisation du secteur maritime. S’appuyant sur le mécanisme pionnier français de « correspondance des recettes » et sur une analyse comparative des approches adoptées par les principaux pays européens du secteur maritime, Camila Berreddad examine comment les États membres pourraient mieux lier les recettes issues du carbone aux investissements dans des navires plus propres, des carburants alternatifs et des infrastructures portuaires. Cette note plaide en faveur de mesures incitatives plus fortes au niveau européen, d’une meilleure traçabilité et d’un contrôle environnemental indépendant afin de faire de la tarification du carbone un outil plus efficace pour la transition maritime.